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Fragilisé par la crise sanitaire de Covid-19, le secteur de l’hôtellerie se mobilise pour faire revenir les clients dans les établissements. Certaines tendances déjà à l’œuvre dans ce secteur se confirment. Parmi elles, le développement d’une offre plus responsable.

Secteur à l’empreinte carbone élevée, le tourisme s’adapte depuis plusieurs années aux problématiques éco-responsables pour maintenir son attractivité auprès du public. Ce dernier se révèle désormais prêt à payer plus cher pour un séjour touristique vertueux. Les divers segments du marché touristique – les transports, l’hébergement, les activités ou encore la restauration – sont confrontés à la nécessité de concilier leur activité historique, parfois polluante, avec l’émergence des enjeux écologiques.
Cette transformation s’avère indispensable notamment pour les acteurs traditionnels de l’hébergement, dont le marché est bousculé par l’arrivée de solutions alternatives. Pour eux, l’enjeu est avant tout de continuer à séduire les touristes. Cette tendance à proposer une offre plus éco-responsable représente aussi un des leviers de relance pour ce secteur fortement affecté par la crise de Covid-19.
Dans cette course à la transition “verte”, les grands hébergeurs s’inspirent des axes créatifs suivis par les acteurs indépendants.

Best Western chasse le plastique de ses établissements

À Paris, l’hôtel quatre étoiles Best Western Premier Opéra Liège collabore avec Racing for the oceans. La mission principale de cette start-up est d’aider les acteurs du tourisme à réduire leur consommation de plastique. Grâce à ce partenariat, l’hôtel ambitionne de devenir le premier hôtel zéro plastique à usage unique en France. L’établissement déploie déjà des alternatives éco-responsables pour éliminer progressivement le plastique de ses chambres. Ainsi, les dentifrices se présentent sous forme de pastilles, les shampoings et les savons sont solides et sans emballage, les cartes magnétiques d’accès aux chambres sont conçues en bois et les sacs-poubelles en tissu végétal. Avec plus de 15 000 nuitées par an, l’hôtel Best Western pourrait devenir une source d’inspiration voire un modèle reproductible pour d’autres établissements hôteliers accueillant un grand flux de visiteurs.

Signature Saint-Germain prend à bras-le-corps la lutte contre le gaspillage

Parmi les partenariats conclus entre des hoteliers et des organismes spécialisés dans les pratiques vertueuses pour l’environnement, l’hôtel trois étoiles parisien Signature Saint-Germain s’est associé aux Hôtels Solidaires. Spécialisée dans la collecte des restes des buffets des petits déjeuners dans les hôtels, cette association redistribue les denrées à l’Armée du Salut. Delphine Prigent, directrice de l’hôtel, affirmait en novembre 2019 que Signature Saint-Germain avait été « le premier hôtel à signer une charte avec eux ». La dirigeante ajoute que l’association collecte « les viennoiseries restantes, les produits d’accueil des chambres qui sont ensuite reconditionnés, et les rouleaux de papier toilette ». Ces produits sont ensuite distribués aux centres de sans-abri, précise-t-elle.

Louvre Hotels mise sur les composts pour recycler ses déchets

En 2018, le groupe Louvre Hotels établissait un partenariat expérimental avec la société Moulinot Compost & Biogaz. L’accord concerne la récupération des biodéchets produits par les établissements du groupe. La société prestataire se charge de former le personnel aux pratiques de tri ainsi que d’aménager les hôtels avec le matériel de collecte adéquat et sa signalétique. Le groupe Louvre Hotels charge également la société Moulinot de récupérer les biodéchets dans l’optique de les valoriser à l’aide de prestations de méthanisation et compostage des rejets des hôtels. Les déchets sont traités à moins de 50 km des points de collecte. Le partenariat entre le groupe hôtelier et la société Moulinot profite aux acteurs locaux, puisque le compost se destine à enrichir les terres des exploitants agricoles de la zone d’activité de l’hôtel. Début 2020, sept établissements du groupe profitaient de ce partenariat, atteignant 116 tonnes de biodéchets traités écologiquement au cours de l’année 2019. Au vu des retours positifs émanant aussi bien des employés du groupe que des clients, Louvre Hotels entend déployer cette pratique de valorisation de ses déchets à l’ensemble de son groupe;

À PROPOS DU TOURISME DURABLE

Avec 8 % du total mondial des émissions de gaz à effet de serre à son actif, l’industrie touristique doit se transformer pour répondre aux préoccupations environnementales croissantes. En France, premier pays d’accueil avec 89 millions de visiteurs internationaux en 2018, l’heure n’est plus à la prise de conscience mais à la transition écologique et éthique du tourisme.
Plus qu’une contrainte, cet enjeu est synonyme d’opportunités d’affaires et de levier de reprise suite à la crise de Covid-19 .
Transporteurs, hébergeurs et voyagistes s’adaptent et actionnent progressivement les leviers qui leur permettront de verdir leurs pratiques afin de conserver leur place privilégiée sur le marché. Face à eux, les nouveaux spécialistes mettent en avant leurs modèles disruptifs créés pour répondre aux nouvelles attentes des touristes.
Alors que les effets négatifs du surtourisme sont de plus en plus pointés du doigt, il convient de proposer des prestations qui permettront aux voyageurs de visiter le monde et les territoires en étant plus respectueux des habitants, des lieux et de l’environnement, sans pour autant rogner sur leur confort. Ceux qui parviendront à se différencier par leur exemplarité, tout en promettant une expérience hors du commun, l’emporteront.