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Lancée en 2016, la société Protifly se spécialise dans la production de larves de mouches soldats noires destinées à l’alimentation animale, sous la forme de produits solides ou d’huiles. Le frass généré par les larves est également utilisé, en tant qu’engrais pour les cultures. Protifly est implantée dans les Landes, et s’est basée sur l’écosystème local pour démarrer son approvisionnement comme pour décrocher ses premiers clients. Soutenue au départ par le technopôle Agrolandes, elle a depuis rassemblé d’autres partenaires autour de son projet (Famae, l’INRA, Bpifrance…).

LES AXES CLÉS DE LA STRATÉGIE DE PROTIFLY

Offrir des solutions protéinées issues des insectes au secteur de l’aquaculture

Protifly s’est d’abord lancé sur le marché de l’alimentation pour poissons d’élevage, et a en particulier décroché un contrat avec le leader européen Aqualande, spécialiste de la truite lui aussi implanté dans les Landes. Protifly a ouvert à Saint-Maurice-sur-Adour un prototype de site industriel afin de tester ses procédés, puis une première unité de production sur une surface de 800 m². En 2021, elle a démarré l’installation d’un autre site, cette fois-ci de 4 000 m², dans la commune d’Ychoux. Ce dernier devrait entrer en fonction en 2023.

À l’été 2021, Protifly produisait environ une tonne et demie de protéines d’insectes par jour, soit près de 550 tonnes à l’année. L’entreprise souhaiterait à terme atteindre une production annuelle de 5 000 tonnes.

Pour son approvisionnement, la société s’est notamment basée sur les coproduits végétaux issus de l’activité d’Antarctic Food, spécialiste des légumes surgelés implanté dans la région. Protifly récupère en particulier les résidus de maïs.

« Notre objectif est de dupliquer ce modèle en installant d’autres unités de production en France et même à l’international. Nous souhaitons implanter ces sites à proximité de nos sources d’approvisionnement en coproduits, toujours dans cette logique d’économie circulaire »

explique Maxime Baptistan, PDG de la jeune société

Diversifier les marchés et l’implantation géographique

Après la pisciculture, Protifly souhaite poursuivre dans l’alimentation animale et a étendu fin 2021 son activité au domaine des poules pondeuses. Ces dernières sont nourries directement avec les larves de mouches séchées.

L’entreprise envisage par ailleurs une expansion internationale, notamment en Afrique du Nord. Une telle décision lui permettrait de contourner les restrictions sur les farines animales mises en place sur le marché européen, le temps que la législation évolue vers davantage d’autorisations pour l’usage des protéines d’insectes.

Accroître les financements et les effectifs

Disposant de 13 salariés mi-2021, la société prévoyait d’en recruter entre 15 et 20 du fait de l’extension de ses capacités de production. Depuis 2018, elle a levé 3,2 millions d’euros pour accélérer le déploiement de son activité. Elle a de plus reçu 2,2 millions d’euros d’aides dans le cadre du programme France Relance. Elle a en effet été considérée comme revêtant un caractère stratégique du fait de l’enjeu de la souveraineté alimentaire. Ces fonds doivent notamment servir à financer le second site de production d’Ychoux.

Au niveau européen, la production d’insectes connaît un attrait certain

Le nombre d’acteurs présents dans le domaine a augmenté de façon considérable : de seulement cinq membres en 2014, la fédération européenne Ipiff est passée à 55 membres en 2020 et en comptait 82 à l’été 2022.

Au total, environ 150 sociétés seraient positionnées sur ce marché en Europe.

Insectinov, événement organisé par le think tank Adebiotech, AgroParisTech et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), voit aussi son affluence croître avec 200 participants lors de sa dernière édition fin 2019.

Un cadre légal en développement

L’instauration d’un cadre légal plus stable et transparent ainsi que l’extension des insectes autorisés favorisent la croissance du secteur. Les institutions européennes participent de cette évolution en multipliant les appels à projet pour stimuler le secteur et le marché de la production d’insectes.

Un soutien croissant des institutions européennes

L’évolution des institutions européennes vers un soutien plus prononcé à la production d’insectes se manifeste notamment avec le programme ValuSect.  Lancé en 2020, il avait mis en place deux appels à candidatures pour les petites et moyennes entreprises (PME) spécialisées dans les insectes pour l’alimentation animale.

En avril et novembre 2021, deux autres appels à projets ont été lancés avec comme finalité de répartir en bons de services une enveloppe de 850 000 euros.  Financé par la Commission européenne, ce montant se décline en des aides allant de 10 000 à 40 000 euros. Une nouvelle opération a été effectuée début 2022, pour un budget total de 300 000 euros.

Seules quatre espèces d’insectes ont été retenues pour la réalisation des projets (vers de farine, grillons, sauterelles et mouches soldats noires).


“De la ferme à la fourchette”, un programme favorable au développement de la production d’insectes

Lancée mi-2020, la stratégie européenne “De la ferme à la fourchette” vise à accélérer la transition agroécologique des systèmes agricoles sur le continent.

La production d’aliments biologiques se révèle notamment favorisée, avec un objectif de 25 % de surfaces allouées au bio à l’horizon 2030.

Divers autres axes ont été fixés, tous dans une logique de protection de l’environnement : réduction de 50 % des risques et de l’usage des pesticides pour 2030, diminution de 20 % de l’utilisation des engrais…

Cette politique est perçue comme favorable à la production d’insectes par les industriels du secteur, qui mettent en avant les bénéfices environnementaux de leur activité. La Commission européenne estime notamment que les insectes pourraient permettre de réduire l’importation de soja. L’organisation professionnelle Ipiff souhaite ainsi promouvoir la mise en place d’une certification biologique pour les produits à base d’insectes.

Nourrir une population mondiale grandissante…

La production d’insectes est dynamisée par la montée en puissance des enjeux environnementaux.

La population mondiale devrait dépasser les 8 milliards d’individus en 2022 pour atteindre près de 10 milliards en 2050. La consommation de viande par personne devrait quant à elle augmenter d’environ 10 % entre 2015 et 2030 selon la FAO.

La nécessité de produire davantage de protéines animales tout en limitant l’utilisation des ressources naturelles devient donc un argument majeur pour le développement du secteur.

… Tout en préservant les ressources naturelles

La production d’un kilo de sauterelles requiert en effet environ 1,7 kilo de protéines végétales, contre 10 kilos pour la même quantité de viande de bœuf. Outre ce taux de conversion favorable, le niveau de protéines contenues dans de nombreux insectes s’avère particulièrement élevé, de l’ordre de 70 %. Les viandes de bœuf, de porc ou même le thon ne contiennent pour leur part qu’une trentaine de grammes de protéines pour 100 grammes.

Des surfaces agricoles réduites

En termes de surfaces nécessaires pour la production, les insectes afficheraient une réduction de 98 % par rapport aux protéines végétales d’après les industriels du secteur. Leur fort taux de protéines combiné à une production très dense, à la verticale, et une alimentation basée sur les déchets agricoles, voire les rebuts alimentaires, permettraient d’en produire en grande quantité sans avoir à accroître les surfaces agricoles allouées.

Un approvisionnement simple

Les quantités disponibles pour approvisionner le secteur se montrent considérables, le gaspillage alimentaire en Europe représentant plus de 129 millions de tonnes chaque année. Une très forte production, telle que décrite dans le scénario prospectif de la Commission européenne, réduirait ce volume de moitié.

Des impacts macroéconomiques forts

Les transformations induites tant sur l’offre que sur la demande auraient également des impacts macroéconomiques, faisant diminuer le prix des farines de protéines de 18 %, des huiles de 4 % (dont – 7 % pour les huiles végétales) et du soja de 11 %. La production de biodiesel augmenterait de 1,5 %. L’autonomie européenne en matière de farines de protéines n’augmenterait toutefois que légèrement (+ 1,8 %).


Petits insectes — Grande utilité.

La Commission européenne a adopté en juin 2021 une décision autorisant l’utilisation du ver de farine comme denrée alimentaire dans l’Union européenne. Il s’agit alors du premier insecte à bénéficier d’une telle autorisation. La direction générale de la santé en charge de cette autorisation confirme le rôle croissant que joueront les insectes dans le cadre d’une alimentation plus saine et plus durable, ainsi que dans la préservation de l’environnement dans les années à venir.

« Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les insectes en tant qu’aliments joueront un rôle de premier plan face aux nombreux problèmes auxquels nous sommes et continuerons d’être confrontés au 21e siècle. Ces problèmes concernent notamment l’augmentation du coût des protéines animales, l’insécurité alimentaire, les pressions sur l’environnement, la croissance démographique et la demande croissante de protéines parmi les classes moyennes. »

Rafael Perez, chef d’équipe pour les nouveaux aliments à la DG SANTE

Le cas de la start-up française YesYes

L’alliance du made in France et de la qualité

Fondée en 2018, YesYes se présente comme particulièrement engagée sur le made in France et le reconditionné de qualité.

Spécialisée dans la réparation de smartphones, tablettes et consoles de jeux, la start-up cherche à attirer les clients déçus par leur expérience sur les grandes plateformes ou ne souhaitant pas utiliser un téléphone reconditionné importé.

Le choix de la proximité avec le client

YesYes propose des appareils réparés en France dans son atelier situé à Caen (Calvados).

Elle fournit une garantie de deux ans sur ses produits, qu’elle commercialise en ligne et dans sa boutique attenante à l’atelier, ouverte début 2022.

“Nous sommes convaincus qu’un service de proximité est primordial pour rassurer et accompagner les consommateurs”, estime le cofondateur Christophe Perrin dans Les Échos.

Ceux-ci se montrent “de plus en plus attirés par l’achats de produits électroniques de seconde main mais […] le manque de réglementation et de confiance reste encore un frein à l’achat.”

Un sourcing sécurisé

Afin de renforcer son approvisionnement, YesYes a conclu en mars 2022 un partenariat avec l’opérateur Orange (voir la vidéo).

Ce dernier lui fournit des appareils issus de ses boutiques. YesYes les contrôle et les répare avant de les revendre. En 2021, plus de 20 000 produits électroniques reconditionnés sont sortis de ses ateliers.

Une croissance interne et géographique

Comptant une quinzaine de salariés (dont une majorité de jeunes ayant des difficultés d’insertion professionnelle), la société prévoit un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2022. Elle souhaite également étendre sa couverture géographique et s’implanter dans d’autres villes françaises, en dupliquant ce modèle d’atelier-boutique.

YesYes espère disposer d’une douzaine de points de vente à l’horizon 2025.

Un développement soutenu par les fonds d’investissement

Pour financer ce développement, elle a réalisé une levée de fonds de 2,7 millions d’euros à l’été 2021.

La société a été soutenue par les fonds FAMAE Impact et Aviva Impact Investing France, spécialisés dans les projets sociaux et environnementaux. Les fonds régionaux Normandie Participations et CEN Innovation ont aussi participé à l’opération.

Les grands constructeurs automobiles se positionnent

Le fort développement du marché de l’occasion offre des opportunités majeures pour les constructeurs automobiles dans le reconditionnement. “Le marché de l’occasion, c’est trois fois celui du neuf”, affirmait en décembre 2021 à Ouest-France le directeur général de Renault, Luca de Meo.

Le reconditionnement automobile apporte un relais de croissance au secteur

Alors que le secteur automobile dans son ensemble connaît quelques turbulences (ralentissement de la production suite à la pandémie de Covid-19, transformation accélérée avec la fin programmée des voitures thermiques), le reconditionnement apparaît comme une voie bienvenue pour rehausser la rentabilité.

Le vivier croissant de voitures d’occasion permet de générer des volumes importants : 70 voitures reconditionnées par jour pour la Refactory de Renault, située à Flins-sur-Seine (Yveline). De son côté, le leader du reconditionnement automobile, Aramisauto, a remis en état plus de 100 000 véhicules depuis 2014.

Ce nouveau potentiel remet en avant des techniques permettant d’accélérer les cadences et de réduire les coûts. L’intégration du contrôle technique dans la chaîne de production permet aussi de limiter les délais.

“Le reconditionnement est réalisé en six jours alors que les concessionnaires ont l’habitude de le faire en 21 jours”, expliquait fin 2021 le directeur de la Refactory, Jean-Philippe Bahuaud, dans Le Nouvel Économiste.

La réparation devient intelligente

Le smart repair prend également de l’ampleur. Procédé relativement ancien mais un peu délaissé, il permet de réaliser de petites réparations sans démontage de la carrosserie.

Les méthodes utilisées se montrent particulièrement adaptées au domaine du reconditionnement : “Une journée de stockage coûte entre 15 et 20 euros”, soulignait mi-2021 Gilles Aubry, consultant auprès des concessionnaires, dans Le Journal de l’Automobile.

“Un véhicule qui reste sans bouger pendant 21 jours, c’est 420 euros de frais de stockage.”

Il indiquait pouvoir réduire les coûts de 100 000 euros chez l’un de ses clients grâce au smart repair, décrivant ainsi “une révolution”.


Informations sur les entreprises citées dans l’article :

  • Le site Aramisauto.com a bousculé le marché français de l’occasion en 2001 et s’est rapidement imposé comme le leader français de l’achat et de la vente en ligne de voitures d’occasion. Aramisauto opère un centre de reconditionnement interne à Donzère, en France. Les technologies et le savoir-faire du groupe permettent une productivité optimale au service des clients afin de garantir des voitures d’occasion à un rapport qualité-prix inégalé.
  • Lancé par Renault en 2020, le projet Refactory de transformation du site de production de Flins, à Aubergenville dans les Yvelines, vise à le transformer en première usine européenne d’économie circulaire dédiée à la mobilité avance à grand pas. La Refactory est la première usine européenne d’économie circulaire consacrée à la mobilité. Un écosystème industriel et commercial créé par Renault Group, ouvert aux start-up et aux partenariats. Son objectif est d’encourager les initiatives, de développer l’innovation au service de l’économie circulaire, et de contribuer à l’ambition de Renault Group d’atteindre la neutralité carbone sur ses sites industriels en 2040 en Europe. Une reconversion pérenne et responsable, tant sur le plan environnemental que social, qui s’appuie sur les nombreux atouts du site et de ses collaborateurs.

L’indice de réparabilité s’étend à de nouveaux produits

Mesure phare pour la filière, certains appareils électriques et électroniques doivent être commercialisés avec l’indication de leur indice de réparabilité depuis le 1er janvier 2021. Cet indice, présenté sous la forme d’un logo représentant une clé de mécanicien entourée d’un engrenage et accompagné d’une note allant de 0 à 10, permet aux consommateurs de savoir si un équipement peut être réparé facilement.

Une note selon 5 critères

Attribuée par le fabricant, la note est calculée à partir de cinq critères :

  • la disponibilité de la documentation technique nécessaire à la réparation de l’appareil ;
  • la possibilité de démonter l’appareil, l’accessibilité des pièces à remplacer et les outils nécessaires pour le faire ;
  • la durée de disponibilité sur le marché des pièces détachées et les délais de livraison ;
  • le prix des pièces détachées par rapport à l’équipement neuf ;
  • des critères spécifiques à la catégorie d’équipements concernée.

Une obligation pour les fabricants

En pratique, les producteurs, importateurs et distributeurs des produits concernés doivent communiquer l’indice de réparabilité aux vendeurs de ces produits, ainsi qu’à toute personne qui en fait la demande. De leur côté, les commerçants sont tenus de faire figurer cet indice de manière visible sur chaque équipement concerné proposé à la vente dans leur magasin. Ils doivent afficher l’indice dans la présentation du produit et à proximité de son prix lorsqu’il est vendu sur Internet.

De plus en plus de produits concernés

Cinq catégories d’équipements sont pour le moment concernées par cette obligation : les smartphones, les ordinateurs portables, les téléviseurs, les lave-linges à hublot et les tondeuses à gazon électriques.

À compter du 5 novembre 2022, de nouveaux produits seront soumis à cette mesure, tels que les aspirateurs ou les lave-vaisselles. Les professionnels ne respectant pas l’obligation d’information relative à l’indice de réparabilité sont passibles d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une société.

Au printemps 2021, 86 % des Français déclaraient vouloir prendre en compte l’indice de réparabilité pour leurs futurs achats, selon un sondage OpinionWay pour Samsung.

L’athleisure a joué un rôle très important dans l’évolution du marché. La fusion des segments de la mode et du sport est ancrée chez les sportifs.

Le marché français du prêt-à-porter est passé de 31 à 26 milliards d’euros en valeur entre 2008 et 2018, soit un recul de 15 % en dix ans, selon l’Institut français de la mode (IFM). Dans ce contexte, le segment du prêt-à-porter masculin fait preuve de résistance. L’année 2007 aura marqué un tournant avec une croissance des ventes estimée à 3,7 %.Cette croissance qui perdure s’explique notamment par l’évolution du comportement des consommateurs. En effet, en 2020, les hommes soignent davantage leur apparence, s’autorisant même à briser les codes établis. 

L’offre étant encore réduite sur ce marché, de nouveaux entrants apparaissent et dynamisent le secteur. Parmi les stratégies choisies par les acteurs pour s’imposer sur le marché de la mode masculine, six se distinguent et se révèlent inspirantes pour les forces en présence.  

  • Produire une offre durable et responsable
  • S’inscrire dans les tendances actuelles de la mode
  • Miser sur la qualité et le haut de gamme
  • Développer des services personnalisés
  • Transformer le parcours client grâce à l’omnicanalité
  • Adopter des business models prometteurs

Dans cet article, indexpresse propose un zoom sur la stratégie de l’offre durable et responsable.

Produire une offre durable et responsable

L’innovation pour créer des produits écologiques 

De nouvelles techniques de fabrication

Afin de produire une offre durable et responsable, les marques s’expérimentent à l’innovation. Il s’agit de repenser la mode depuis la fabrication. Alors qu’il est considéré comme l’un des produits textiles les plus polluants, mais aussi comme la pièce incontournable du vestiaire masculin, le jean fait l’objet de toutes les attentions. Des entreprises comme Fairblue et Atelier de la Venise Normande proposent de le revisiter pour qu’il soit écologique Cuir végane, matières recyclables, produits toxiques bannis, lin au lieu de coton, autant d’innovations qui font partie d’une stratégie globale des marques : communiquer sur l’éthique de leurs techniques de fabrication.

Le transport est repensé pour limiter les émissions de co2

Pour être écologiques, les marques doivent aussi repenser le transport de leurs produits. Certaines entreprises misent sur le made in France d’autres comme Atelier de la Venise Normande développent un mode d’exportation écologique : le voilier.

Limiter le nombre de collections annuelles  

Fast fashion va de pair avec surproduction, gaspillage et par conséquent, pollution. Pour contrer ce mode de production, de plus en plus de marques prennent un nouveau tournant : la slow fashion. Il s’agit de produire à un rythme moins effréné et plus raisonné. C’est la stratégie suivie par la jeune marque Laetitia Modeste Couture Homme : “Je suis convaincue que le vêtement doit raconter son histoire à l’acheteur, et qu’une autre mode est possible, plus juste pour notre peau et pour la planète”, affirme la créatrice. Laetitia Modeste garantit la qualité de ses produits grâce à une fabrication dans la plus grande tradition artisanale.

Les grandes marques, nouvelles adeptes de la stratégie de l’offre responsable 

La prise de conscience des marques de fast fashion

L’offre responsable ne se limite pas aux jeunes marques. Soucieuses d’améliorer leur image, plusieurs enseignes de fast fashion déclarent également prendre des mesures pour fabriquer d’une manière plus responsable. Par exemple, la marque espagnole Zara s’engage à ne plus utiliser de fibres issues des forêts en voie de disparition ni de plastique à usage unique à l’horizon 2025. “Les grandes marques ne peuvent plus ignorer ce changement de mentalités, ce qui les pousse à aller dans ce sens”, précise Cyril Brenac, dirigeant de la marque Caruus. À l’heure où les consommateurs souhaitent toujours plus de transparence concernant les produits qu’ils achètent, le greenwashing ne fonctionnera pas et les marques devront s’adapter à cette logique, précise Alexis Trocaaz, cofondateur de la marque Corail, sur le site fashionnetwork.com.

À propos du marché de la mode masculine

Moins impacté par la crise que l’ensemble du secteur de la mode, le prêt-à-porter masculin fait preuve de résistance et offre des opportunités d’affaires. L’évolution du comportement des consommateurs, en particulier des plus jeunes, a ouvert une brèche. En 2020, les hommes soignent davantage leur apparence, s’autorisant même à briser les codes établis. L’offre étant encore réduite sur ce marché, de nouveaux entrants apparaissent et dynamisent le secteur.

Si les enseignes de sport et les acteurs de l’e-commerce se renforcent, les chaînes spécialisées histo- riques sont bousculées et se voient contraintes de revoir leurs stratégies. Elles actionnent les leviers qui leur permettront de croître et de rehausser leur image de marque. Les offres sont repensées pour répondre aux tendances actuelles de la mode et de la consommation. Le marketing se digitalise et les acteurs tentent de renforcer leur identité pour ne pas se laisser distancer.

En misant sur leurs valeurs éthiques, en proposant les niveaux de gammes appropriés, en soignant leur omnicanalité et en développant les services, les intervenants veulent faire la différence auprès des hommes, ces consommateurs particulièrement fidèles. Si certains positionnements se révèlent opportuns, il appartiendra aux acteurs de mettre en œuvre les business models adéquats et pérennes pour s’inscrire durablement sur le marché.

Part de marché des enseignes leaders de l'habillement masculin en 2019

Bénéficiant d’une belle dynamique depuis plusieurs années, le circuit de la proximité cherche à entretenir cet élan.
Pour affirmer définitivement sa place prépondérante sur un secteur de la distribution toujours très concurrentiel, la proximité est amenée à innover. Elle cherche à apporter en ville une offre et des services encore trop souvent cantonnés aux périphéries.

Les commerçants (des secteurs alimentaire et non-alimentaire) prennent de nombreuses initiatives. Il ne s’agit plus seulement de se reposer sur un maillage territorial conséquent et un catalogue fourni. Les concepts émergents ou en développement intègrent davantage les nouvelles attentes du consommateur. Celles-ci sont basées aussi bien sur le digital et l’omnicanalité que sur les services et la personnalisation des conseils.

Les nouveaux services du commerce de proximité : une nécessité

Vendre uniquement des produits, alimentaires ou non, ne se révèle plus suffisant pour les magasins de proximité. Le volet serviciel occupe désormais une place majeure. Les services contribuent à attirer un consommateur à la recherche d’une expérience client différente, même en ville, au sein de formats réduits.
Pour les distributeurs familiers des surfaces comportant des milliers de mètres carrés, les services prennent une importance capitale dans leur déploiement urbain. Dans l’incapacité physique de reproduire leur modèle traditionnel, ils se réinventent. Ils exposent au client des propositions de valeur inédites, adaptées à leur environnement.

Cette proposition de services concerne le commerce de proximité dans son ensemble

Le succès des magasins de proximité encourage les acteurs de la distribution de produits non-alimentaires à revoir leur modèle. En s’installant en ville, les enseignes se tournent vers une logique de proximité et misent sur le contact avec le client. Dans cette stratégie, les services tiennent une place de choix.
Quelques exemples :
– Des diagnostics et des réparations d’appareils en panne, une accompagnement des clients dans leurs projets (Darty)
– Une proposition d’ateliers liés à l’aménagement de la maison et au montage de meubles, des rendez-vous personnalisés pour aménager son intérieur (Ikea)
– Des démonstrations de produits, des animations (King Jouet)

Le point de vente de proximité devient ainsi un lieu de vie, d’échanges et de rencontres.
Cette mutation impacte la relation client, qui se place plus que jamais au cœur du magasin de proximité. Elle s’adapte aux nouvelles fonctionnalités et aux services naissants. Le personnel ne se restreint plus à la mise en rayon ou la gestion de la caisse. Il accompagne, conseille et prescrit. Une diversification des compétences s’impose afin d’exploiter au mieux les services supplémentaires et ne pas donner de faux espoirs aux clients. Les enseignes doivent en avoir conscience lorsqu’elles sélectionnent leurs franchisés et effectuent leurs recrutements.

Zoom sur le commerce alimentaire.
En essor, les drive piétons s’enrichissent de services complémentaires

La concurrence entre les enseignes alimentaires incite chaque acteur positionné sur le segment des drives piéton à innover pour ne plus simplement se limiter à un lieu de retrait de courses.
L’enrichissement des drives piétons avec des services complémentaires est ainsi d’actualité chez la majorité des forces en présence.
Quelques exemples :
– Offre de produits de dépannage, retrait de colis, système de consignes à clé, offre de snacking et de boulangerie, machines à café, mange-debout (Carrefour)
– Offre alimentaire de dépannage, offre de snacking (Intermarché)
– Prêt d’appareils de petit électroménager, casiers Amazon, relais colis, pressing, conciergerie de clefs, stand de restauration (E.Leclerc)
– Offre de dépannage, relais-colis, billetterie, offre de restauration sur place (Auchan)

Cette diversification d’offres et de services remplit un double objectif : améliorer la satisfaction des clients et tendre plus rapidement vers la rentabilité.

Quelques chiffres

11,42 milliards d’euros
Le chiffre d’affaires du marché français du commerce de proximité, hors produits frais traditionnels, en 2019

+ 28 %
L’évolution des ventes de produits de grande consommation et frais libre-service en mars et avril 2020 dans le circuit de la proximité

1,3 million
L’estimation du nombre de foyers qui auront testé le circuit du drive piéton fin 2020

29 %
La part des Français ayant fréquenté pour la première fois un drive piéton en 2020 et qui affirment vouloir continuer à utiliser de mode d’achat à l’avenir

La crise de Covid-19 a joué un rôle d’accélérateur pour le marché du vélo : les Français se tournent de manière croissante vers le vélo pour leurs usages quotidiens et de loisirs. Ils sont guidés par des préoccupations sanitaires et écologiques de plus en plus prégnantes. Le marché bénéficie également du formidable essor de la catégorie des vélos à assistance électrique (VAE), dont les adeptes ne cessent de se multiplier.

Services, tourisme, B to B : trois grands domaines apporteurs d’affaires

Qu’il soit musculaire ou électrique, le vélo a fait naître un large écosystème riche et diversifié, dans lequel coexistent des opérateurs traditionnels (fabricants, distributeurs, réparateurs, loueurs, etc.) et de nouveaux intervenants. Ces derniers se différencient par des concepts, des techniques ou des business models innovants, qui leur permettent de trouver et de créer leur propre place.
Dans cette masse de potentialités économiques, trois grands domaines se détachent :

  • Les services : location, réparation, électrification, occasion…
  • Le cyclotourime : offres de voyages et séjours à vélo, hébergements labellisés, services et concepts dédiés, locations, partenariats avec les marques sur les territoires…
  • Le commerce entre entreprises (B to B) : offres vélos pour les flottes des entreprises, livraison urbaine à vélo, infrastructures…

La catégorie des services se révèle particulièrement porteuse pour les candidats à la création d’entreprise sur le marché du vélo

  • Dans le domaine des mobilités : la location de vélos a connu un développement spectaculaire au cours des dernières années.
    La location en libre-service peine toutefois à définir un modèle économique rentable.
    Si le free-floating se révèle imparfait, le modèle de la location longue durée (LDD) se profile comme plus opportun, en particulier sur le segment des VAE, encore chers à l’achat.
  • Dans le domaine de la réparation des vélos : le renouveau du marché fait naître de nouvelles places à prendre pour les concepts spécifiques.
    Le service à domicile répond aux attentes d’une clientèle urbaine pressée et exigeante.
    Les cafés cyclistes offrent des espaces de convivialités inédits favorables à un esprit de communauté.
  • Dans le domaine de l’occasion : la vente de vélos d’occasion trouve toute sa légitimité dans l’univers du vélo, grâce à la tendance de consommation durable et globale.
    Internet favorise l’émergence de sites spécialisés délivrant un niveau de service élevé autour des articles d’occasion.
    L’expertise, la définition de la cote du vélo et le reconditionnement permettent aux nouvelles start-up de se démarquer des sites de petites annonces généralistes.
  • Dans le domaine de l’électrification des vélos : cette prestation se présente comme un nouveau champ à explorer dans le sillage du VAE.
    De nouveaux entrants développent cette activité à travers la vente de kits à poser soi-même ou l’installation du matériel.
    Le gain écologique et la praticité des vélos modifiés se hissent parmi leurs arguments marketing phares.

Zoom : la location longue durée séduit la distribution

Compte tenu du prix d’achat élevé et de la crainte du vol, l’acquisition d’un VAE n’est pas encore une pratique démocratisée au sein de la population française. Face à ce constat, les offres de location longue durée avec ou sans option d’achat se multiplient. Elles émanent de différents types d’acteurs.
Les collectivités étudient de plus en plus la location longue durée, qui était proposée dans 94 territoires en 2019 selon la Direction générale des entreprises. Avec un reste à charge pour les collectivités qui se situe entre 400 et 500 euros, l’investissement dans ce type de service s’avère plus économique que les VLS proposés dans l’espace urbain.
La distribution s’intéresse également de plus en plus à ce segment :
Des spécialistes (Culture Vélo, Holland Bikes) proposent des vélos à la location, et notamment des VAE :

« Dans un univers du VAE qui évolue rapidement, le client peut changer de vélo au bout de quelques mois s’il le souhaite, sans avoir à se préoccuper de la revente de l’ancien modèle. Il paye l’usage et non l’objet ».
William Brana, spécialiste de la location longue durée du groupe Cyclelab (Culture Vélo)

Les offres proposées comportent des options telles que l’assurance contre le vol et une assistance en cas de panne.
En croissance depuis 2014, le VAE est désormais considéré comme le moteur des locations longue durée. Il fait l’objet de nombreuses initiatives à destination des entreprises, notamment à travers des modèles B to B.

Parallèlement aux offres proposées par les spécialistes du vélo, d’autres distributeurs s’emparent des opportunités actuelles :
Norauto a mis en place une flotte de VAE disponibles en location dans 22 de ses 400 points de vente :

“Nous mettons tout en œuvre pour accompagner les clients, comme les collaborateurs, vers la mixité énergétique, l’objectif étant d’agir pour le climat et de réduire l’empreinte carbone”
Anne-Danièle Fortunato, leader développement durable de l’entreprise

Decathlon teste dans douze de ses points de vente un nouveau concept de location de vélos sans engagement avec cinq modèles de vélo, dont des VAE, accessibles grâce à des abonnements compris entre 15 et 75 euros par mois. Cette offre sans engagement vient renforcer la position de Decathlon dans le domaine de la location. En effet, l’enseigne proposait déjà depuis juin 2019 des vélos en location longue durée sur 12, 24 ou 36 mois à un prix d’entrée plus élevé, de 27,90 euros par mois. Avec ce nouveau concept, Decathlon se positionne sur une offre plus souple, moins chère et qui permet au client d’acheter son vélo à la fin du contrat.