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Les acteurs du e-commerce de mode éthique et durable se sont multipliés ces dernières années, attirés par la manne de nouveaux clients potentiels à capter. Signe de l’émulation autour des places de marché spécialisées, le groupe d’origine allemande Zalando, acteur majeur de la vente en ligne de mode conventionnelle en Europe, a pris une décision radicale en annonçant en mai 2020 sa volonté de collaborer exclusivement avec des marques écoresponsables d’ici à 2023.
Parmi les acteurs positionnés sur le segment de la vente en ligne de mode éthique et durable, la place de marché française WeDressFair entend faciliter la découverte et l’achat des petites marques de textile spécialisées.

WeDressFair : select store de marques éco-responsables

Les fournisseurs référencés par la place de marché WeDressFair s’engagent de manière transparente à respecter des critères stricts sur le plan social et environnemental : juste rémunération des ouvriers, conditions de travail décentes, pas de travail d’enfant, utilisation de tissu naturel ou recyclé…
Un panel composé de professionnels de la mode éthique – experts du sourcing et membres d’associations – se charge de sélectionner ces marques en quête de notoriété. Hopaal, La Révolution Textile, Le T-Shirt Propre ou encore Bhallot figurent notamment dans le catalogue de WeDressFair.
Pour assurer le développement de leur place de marché, les entrepreneurs lyonnais Marie Nguyen et Antoine Coulaud, ont utilisé la formule du crowdfunding (ou financement participatif). Ils sont parvenus à collecter 11 406 euros sur la plateforme Ulule au printemps 2018, une somme dépassant largement leur objectif de départ. Désormais accompagnés par l’incubateur parisien SenseCube dédié à l’économie sociale, ils ambitionnent de développer leur offre, avec des prix accessibles au plus grand nombre. Les cofondateurs sélectionnent les marques partenaires en plaçant “le respect des travailleurs et de l’environnement au centre de leurs préoccupations” expliquaient-ils dans une note d’intention au moment de la campagne de crowdfunding.

Les consommateurs veulent comprendre ce qu’ils achètent, or les circuits de la mode sont particulièrement opaques, il faut donc les accompagner dans leurs achats. Les marques éthiques et responsables à 100 %, cela n’existe pas encore. Nous aidons le public à reconnaître ceux qui font des efforts”, indiquait Antoine Coulaud au journal Les Échos.

Les deux dirigeants visent à terme une cinquantaine de marques avant de passer à un lancement à l’international.

D’autres e-commerçants spécialisés dans la mode éthique et durable

Klow.co : sélection de marques de mode éthique transparentes et engagées (Thinking Mu, Noyoco, Armedangels, Veja, Les Récupérables, etc.).
Dressing Responsable : sélection de vêtements et accessoires haut de gamme pour un vestiaire 100 % luxe écoresponsable.
Jours à venir : sélection de plusieurs marques de mode éthique et durable, de produits d’épicerie fine naturels et bio et de produits zéro déchet.
Kabanes : sélection des marques de mode éthique transparentes et engagées uniquement dédiées aux femmes (Dedicated, People Tree, Ultra Tree, etc.).
Dream Act : sélection des marques de vêtements et de chaussures éthiques (La Révolution Textile, Kipluzet, Maison Alfa, Maison Mixmelô, Mumu Organic, Belle de Jupe, Muudana, José, Faguo, La Gentle Factory, French Sunday, etc.).
Altermundi : à l’origine spécialiste du commerce équitable, avant d’évoluer vers une vision plus large, celle du commerce responsable. Sélection de marques de mode, de décoration, d’arts de la table.
Miculi : spécialiste des sous-vêtements bio.
Échoppe Sauvage : spécialiste de la mode homme éthique et durable.

À propos du marché de la mode éthique et durable

Avec 46 % des consommateurs ayant acheté un article écoresponsable en 2019, la mode éthique et durable se présente comme la voie de croissance à suivre au sein du marché français de l’habillement en perte de valeur continue depuis une dizaine d’années. Incriminé pour son impact néfaste sur l’environnement, le modèle de la fast fashion s’érode. À l’inverse, la slow fashion se développe, prônant une consommation réfléchie et répondant à l’envie des Français d’acheter moins mais mieux.
De la vente à petit prix au segment haut de gamme, l’ensemble des marques et enseignes de la mode conventionnelle cherchent à se réinventer à travers ce nouveau modèle. Elles doivent composer avec une concurrence inédite en provenance de jeunes marques spécialisées, notamment les DNVB (Digital Native Vertical Brands). Fonctionnant sans intermédiaires, ces dernières s’adressent directement aux consommateurs via leur site de vente en ligne et mettent en avant leur philosophie, leur histoire et leur approche commerciale disruptive. Elles impulsent des tendances qui se généralisent à l’industrie de la mode dans son ensemble. Les collections écoconçues se multiplient. L’éthique gagne les approvisionnements à travers une juste rémunération des producteurs et le respect des conditions de travail. Le Made in France et les circuits courts valorisent les savoir-faire locaux tout en réduisant la pollution.
Sur un marché mouvant, de nouveaux modèles apporteurs d’affaires comme l’occasion ou la location émergent mais doivent encore se consolider. En choisissant de nouvelles voies de développement, les marques, les enseignes ou encore les pure players tendent tous vers un double objectif : accroître l’offre et la démocratiser auprès du plus grand nombre. Pour s’imposer, il leur faudra relever le défi de la transparence et du prix juste.

Fragilisé par la crise sanitaire de Covid-19, le secteur de l’hôtellerie se mobilise pour faire revenir les clients dans les établissements. Certaines tendances déjà à l’œuvre dans ce secteur se confirment. Parmi elles, le développement d’une offre plus responsable.

Secteur à l’empreinte carbone élevée, le tourisme s’adapte depuis plusieurs années aux problématiques éco-responsables pour maintenir son attractivité auprès du public. Ce dernier se révèle désormais prêt à payer plus cher pour un séjour touristique vertueux. Les divers segments du marché touristique – les transports, l’hébergement, les activités ou encore la restauration – sont confrontés à la nécessité de concilier leur activité historique, parfois polluante, avec l’émergence des enjeux écologiques.
Cette transformation s’avère indispensable notamment pour les acteurs traditionnels de l’hébergement, dont le marché est bousculé par l’arrivée de solutions alternatives. Pour eux, l’enjeu est avant tout de continuer à séduire les touristes. Cette tendance à proposer une offre plus éco-responsable représente aussi un des leviers de relance pour ce secteur fortement affecté par la crise de Covid-19.
Dans cette course à la transition “verte”, les grands hébergeurs s’inspirent des axes créatifs suivis par les acteurs indépendants.

Best Western chasse le plastique de ses établissements

À Paris, l’hôtel quatre étoiles Best Western Premier Opéra Liège collabore avec Racing for the oceans. La mission principale de cette start-up est d’aider les acteurs du tourisme à réduire leur consommation de plastique. Grâce à ce partenariat, l’hôtel ambitionne de devenir le premier hôtel zéro plastique à usage unique en France. L’établissement déploie déjà des alternatives éco-responsables pour éliminer progressivement le plastique de ses chambres. Ainsi, les dentifrices se présentent sous forme de pastilles, les shampoings et les savons sont solides et sans emballage, les cartes magnétiques d’accès aux chambres sont conçues en bois et les sacs-poubelles en tissu végétal. Avec plus de 15 000 nuitées par an, l’hôtel Best Western pourrait devenir une source d’inspiration voire un modèle reproductible pour d’autres établissements hôteliers accueillant un grand flux de visiteurs.

Signature Saint-Germain prend à bras-le-corps la lutte contre le gaspillage

Parmi les partenariats conclus entre des hoteliers et des organismes spécialisés dans les pratiques vertueuses pour l’environnement, l’hôtel trois étoiles parisien Signature Saint-Germain s’est associé aux Hôtels Solidaires. Spécialisée dans la collecte des restes des buffets des petits déjeuners dans les hôtels, cette association redistribue les denrées à l’Armée du Salut. Delphine Prigent, directrice de l’hôtel, affirmait en novembre 2019 que Signature Saint-Germain avait été « le premier hôtel à signer une charte avec eux ». La dirigeante ajoute que l’association collecte « les viennoiseries restantes, les produits d’accueil des chambres qui sont ensuite reconditionnés, et les rouleaux de papier toilette ». Ces produits sont ensuite distribués aux centres de sans-abri, précise-t-elle.

Louvre Hotels mise sur les composts pour recycler ses déchets

En 2018, le groupe Louvre Hotels établissait un partenariat expérimental avec la société Moulinot Compost & Biogaz. L’accord concerne la récupération des biodéchets produits par les établissements du groupe. La société prestataire se charge de former le personnel aux pratiques de tri ainsi que d’aménager les hôtels avec le matériel de collecte adéquat et sa signalétique. Le groupe Louvre Hotels charge également la société Moulinot de récupérer les biodéchets dans l’optique de les valoriser à l’aide de prestations de méthanisation et compostage des rejets des hôtels. Les déchets sont traités à moins de 50 km des points de collecte. Le partenariat entre le groupe hôtelier et la société Moulinot profite aux acteurs locaux, puisque le compost se destine à enrichir les terres des exploitants agricoles de la zone d’activité de l’hôtel. Début 2020, sept établissements du groupe profitaient de ce partenariat, atteignant 116 tonnes de biodéchets traités écologiquement au cours de l’année 2019. Au vu des retours positifs émanant aussi bien des employés du groupe que des clients, Louvre Hotels entend déployer cette pratique de valorisation de ses déchets à l’ensemble de son groupe;

À PROPOS DU TOURISME DURABLE

Avec 8 % du total mondial des émissions de gaz à effet de serre à son actif, l’industrie touristique doit se transformer pour répondre aux préoccupations environnementales croissantes. En France, premier pays d’accueil avec 89 millions de visiteurs internationaux en 2018, l’heure n’est plus à la prise de conscience mais à la transition écologique et éthique du tourisme.
Plus qu’une contrainte, cet enjeu est synonyme d’opportunités d’affaires et de levier de reprise suite à la crise de Covid-19 .
Transporteurs, hébergeurs et voyagistes s’adaptent et actionnent progressivement les leviers qui leur permettront de verdir leurs pratiques afin de conserver leur place privilégiée sur le marché. Face à eux, les nouveaux spécialistes mettent en avant leurs modèles disruptifs créés pour répondre aux nouvelles attentes des touristes.
Alors que les effets négatifs du surtourisme sont de plus en plus pointés du doigt, il convient de proposer des prestations qui permettront aux voyageurs de visiter le monde et les territoires en étant plus respectueux des habitants, des lieux et de l’environnement, sans pour autant rogner sur leur confort. Ceux qui parviendront à se différencier par leur exemplarité, tout en promettant une expérience hors du commun, l’emporteront.