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Avec des consommateurs de plus en plus pressés et susceptibles de manger à n’importe quelle heure, le snacking s’accroît sur tous ses circuits de distribution (grandes surfaces, chaînes de restauration rapide, enseignes dédiées, boulangeries sandwicheries, distribution automatique, etc.) et cherche à s’imposer définitivement dans la vie quotidienne des Français.

Émergence de nouveaux circuits et pratiques du snacking

Les opportunités se multiplient afin de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, tant alimentaires que pratiques. Aussi, nous pouvons noter l’émergence de nouveaux circuits et pratiques dans le secteur :

  • Le développement d’une offre de snacking par les métiers de bouche jusqu’alors peu concernés par le snacking (boucherie, charcuterie, poissonnerie, primeur et fromagerie)
  • Le développement d’une offre de snacking haut de gamme par les épiceries fines
  • L’émergence de coffee trucks, liée à la progression de la consommation alimentaire matinale hors domicile
  • Le développement de la livraison à domicile, et donc le déploiement d’une stratégie marketing digitale par les acteurs du snacking pour être présents sur plusieurs canaux et toucher davantage les consommateurs.

ZOOM. Zones de flux : des territoires à conquérir pour le snacking

Les établissements spécialisés accentuent également leur présence dans les lieux de passage où la demande est forte, pour profiter du trafic et capter davantage de clientèle :
– Les gares, qui deviennent de vrais espaces de vie
– Les centre-villes, où les grands magasins cherchent à s’installer pour conquérir une clientèle urbaine qui ne souhaite plus aller en périphérie pour faire ses courses
– Les aires d’autoroutes, qui étoffent leur offre pour profiter un maximum du consommateur à chaque arrêt
– Les aéroports, en proie à l’augmentation du nombre de touristes à travers le monde
– Les stations de métro et les lieux de loisirs et de vacances, également soumis aux nouvelles attentes du public.

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Des zones particulièrement rentables

L’investissement de ces zones de flux peut s’avérer très rentable : Sites Commerciaux révèle qu’une implantation de restauration à emporter dans un lieu de passage peut générer jusqu’à 30 000 € de recettes par mètre carré, soit trois fois plus que dans une galerie marchande classique. Les chiffres peuvent même être bien supérieurs en cas de succès. Ainsi, sur 40 m², le magasin Paul de la gare de Lyon Part-Dieu réalise un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros, soit 162 500 € par mètre carré.

Un levier de développement pertinent

L’implantation dans les zones de flux est également un levier intéressant à actionner quand une enseigne ambitionne d’accroître son développement. En voici quelques exemples :

  • Pour atteindre son objectif de 500 unités en France en 2025, le fast-food KFC, qui compte 225 restaurants en 2018, a prévu d’investir les aires d’autoroutes. Il pourrait aussi s’inspirer du succès de son établissement de La Défense, ouvert fin 2016 dans le quartier des affaires parisien, et «qui est déjà l’un des plus gros KFC du monde en termes de chiffre d’affaires», dévoile Frédéric Levacher, directeur général France du groupe. Dans tous les cas, l’objectif est d’aller vers le client et d’être «davantage présent dans les lieux de consommation plébiscités par les Français», que ce soit «les villes moyennes, les centre-villes, les centres commerciaux, et demain les gares et les aéroports».
  • Pour gagner sa place auprès des Français, le fast-food Five Guys, présent sur le territoire depuis 2016, s’est déjà installé dans les gares de Lille et de Paris-Nord. Ses restaurants d’Aix-en-Provence et Nancy sont également situés à quelques rues du centre ferroviaire principal de la ville, démontrant ainsi l’enjeu très stratégique de ces lieux de passage.
  • Le plan de développement de l’enseigne française de spécialités américaines Factory& Co passe aussi par un déploiement plus important dans les zones de flux. En juin 2017, à la gare de l’Est de Paris, la société a même inauguré un nouveau format spécialement créé pour ces lieux, Factory & Co Travel. Les premiers résultats ont été très prometteurs et quatre autres établissements similaires étaient ensuite prévus dans les gares de Paris-Nord, Bordeaux, Lille et du Mans.

À l’heure où les lieux de passage se transforment, les gares deviennent des espaces de vie, les aires d’autoroutes deviennent de petits «centres commerciaux», les acteurs du snacking ont tout intérêt à investir rapidement ces zones de passage. Le public, de plus en plus nombreux, est à la recherche de noms et d’enseignes familières afin de se restaurer, et le développement dans ces lieux peut participer à assurer sa fidélisation.

460 millions de colis livrés, + 14,3 % en 2017, 81,7 milliards d’euros en valeur… En 2017, le marché français de l’e-commerce poursuit sa progression, ininterrompue depuis 2010. La Fevad (Fédération e-commerce et vente à distance) estime que les ventes pourraient atteindre 100 milliards d’euros en 2019. Ces tendances ne sont pas sans effet sur le marché du dernier kilomètre …

Le marché du dernier kilomètre explose avec la hausse de l’e-commerce

Pourquoi un tel essor ? Le marché est porté par le développement de l’offre, la multiplication des sites de ventes et des places de marché, la hausse du nombre de cyberacheteurs (37 millions en 2017) et l’augmentation des fréquences d’achat. Tous les secteurs sont touchés par la croissance de l’e-commerce : tourisme, drive et produits de grande consommation, loisirs, multimédia et habillement. En plein développement, l’e-commerce B to B est aussi un secteur à fort potentiel.
L’analyse de l’augmentation du nombre des transactions met en évidence deux éléments importants : le montant du panier moyen est en baisse, et le nombre de colis livrés ne cesse d’augmenter.

Devenu mature, le marché de l’e-commerce a vu naître une concurrence féroce. Et dans ce contexte, la livraison des clients est devenue un enjeu majeur de différenciation des acteurs et un outil marketing incontournable. En effet les conditions de livraison sont aujourd’hui le premier critère de décision pour 65 % des cyberacheteurs français. Pour répondre aux exigences des clients, les options de livraison se multiplient et les délais se raccourcissent. La difficulté pour les e-commerçants est de trouver le juste équilibre entre vitesse, variété et confort de livraison.

De nouvelles contraintes urbanistiques

L’essor des livraisons en ville crée de nouvelles problématiques pour les pouvoirs publics et les entreprises de transport et de livraison. Parmi les défis à relever :
– la maîtrise de l’impact environnemental. En effet plus d’un quart des émissions de gaz à effet de serre en zone urbaine est dû aux livraisons.
– la problématique d’encombrement des voies de circulation
– la gestion de la saturation des places de stationnement et de l’implantation des équipements logistiques.
Les collectivités s’adaptent avec la mise en place d’équipements dédiés et une réglementation contraignante pour les livreurs.

Des modèles disruptifs pour les nouveaux entrants dans le dernier kilomètre

Le géant Amazon dicte les règles du jeu et reste le moteur de l’ensemble du marché. Ses recherches et expérimentations permanentes ont un seul objectif : réduire les coûts au maximum. Alors, pour profiter de l’énorme potentiel du marché, de nouveaux acteurs, notamment nés des modèles de l’économie collaborative, entrent dans la course au dernier kilomètre. Selon Les Échos, en 2017, 1 600 start-up seraient en place dans le secteur de la logistique, contre 100 en 2010. Ces jeunes pousses misent sur des flottes collaboratives et la mise en relation des vendeurs avec les clients finaux pour s’imposer. Les solutions proposées répondent à trois problématiques : la réduction des coûts, l’enjeu écologique et la diminution des délais de livraison. À l’image de Colisweb, Coursierprivé, Tousfacteurs, Deliverro, UberEats ou Urb-it, les challengers se multiplient et attisent l’intérêt des investisseurs. Tous se livrent une bataille féroce pour trouver le modèle économique le plus juste.

Pour tous, l’enjeu de l’innovation technologique

Les nouveaux acteurs créent le trouble chez les prestataires traditionnels qui tentent de dénoncer une concurrence déloyale auprès des pouvoirs publics. Mais ils n’ont pas d’autre choix que d’opter pour l’innovation afin de trouver de nouvelles pistes d’action performantes. Et dans cette démarche innovante, la quête de la satisfaction du client reste l’objectif à suivre et guide les prestataires vers des solutions technologiques innovantes. Celles-ci représentent, en effet, les meilleures pistes pour obtenir un coût de livraison optimal. Livraison par drones ou robots terrestres, véhicules autonomes, objets et emballages connectés, algorithmes d’optimisation des flux, maîtrise des données clients : les nou­velles technologies, qui sont déjà en cours d’ex­périmentation pour la plupart, apportent des solutions.

 

Qu’est-ce que le marché du dernier kilomètre ?
Il recouvre l’ensemble des prestations et opérateurs qui interviennent lors de la dernière phase de la chaîne de livraison d’un produit, jusqu’à l’arrivée chez le client final. Ce marché est estimé en France à près d’un milliard d’euros.