La filière française du recyclage du plastique n’a progressé que de 1 % en 2017 pour atteindre un chiffre d’affaires de 196 millions d’eu­ros. L’objectif du gouvernement d’atteindre 100 % de plastiques recy­clés d’ici 2025 offre à la filière de nouvelles opportunités de développement. Il s’agit de recycler 100 % du plastique collecté en France d’ici 2025, contre 22,2 % en 2016. Très ambitieux, ces objectifs doi­vent permettre à la France de rattraper son retard par rapport à la filière européenne.

Dans le même temps, la restriction de ses importations par la Chine reconfigure le marché mondial du recyclage du plastique. La filière française, autrefois expor­tatrice, doit dès lors augmenter ses capacités de traitement pour intégrer un surplus de déchets.

Dans ce contexte, la filière doit aussi développer les débouchés et les services pour renforcer sa compétitivité. Les plastiques recyclés doivent gagner des parts de marché parmi les plastiques employés par les industriels. Le potentiel est énorme. Seulement 300 000 tonnes de plastique sont pour l’instant réincorporées, alors que 3,6 millions de tonnes sont mises sur le marché.

Emballage, bâtiment, automobile : les clients incontournables du plastique recyclé

L’emballage, le bâtiment et l’automobile sont déjà des secteurs consommateurs de plastiques recyclés incontournables. Ils se sont engagés auprès du gouvernement à intégrer 275 000 tonnes de plas­tiques recyclés d’ici 2025. Ces engagements devraient faire monter à 13,5 % la part du plastique recyclé dans l’industrie.

Toutefois, de nouveaux débouchés restent à identifier. Après la collecte de plus grands gisements de plastique à recycler et le développement des capacités industrielles et de la R&D pour leur traitement, l’enjeu pour les recycleurs est désormais de trouver de nouveaux acheteurs de matière recyclée.

Au vu de la consommation de plastique vierge dans l’industrie, le potentiel est important. “On consomme 5 millions de tonnes de plastiques en France, 50 millions de tonnes en Europe et 350 millions de tonnes à l’échelle du monde”, rappelle Jean-Marc Boursier, président de la Fead (Fédération européenne des activités de dépollution) dont les propos ont été repris par Recyclage Récupération en juillet 2018. Les spécialistes prévoient même une consommation multipliée par 50 environ en 50 ans. Le plastique recyclé devra alors gagner des parts de marché dans ces volumes. Au niveau européen, l’utilisation de plastiques recyclés ne représente encore que 7 % de la production.

Repères : Filière de l’emballage

  • 188 000 tonnes de plastiques recyclés supplémentaires incorporés d’ici 2025
  • 70 % des promesses totales émises par les entreprises et les fédérations auprès du gouvernement en juillet 2018
  • Nombreuses initiatives des donneurs d’ordre (marques alimentaires et d’hygiène beauté par exemple) et partenariats entre plasturgistes, fabricants d’emballages et distributeurs.

Repères : Filière du bâtiment

  • 77 000 tonnes de plastiques recyclés supplémentaires incorporés d’ici 2025
  • 27 % des promesses totales émises par les entreprises et les fédérations auprès du gouvernement en juillet 2018
  • Les potentiels de développement du plastique recyclé dans cette filière :
    • Apporter de la valeur ajoutée (« upcycling »)
    • Le secteur de la voierie pour lequel le plastique recyclé suscite l’intérêt du fait de son coût et de son innovation

 Repères : Filière de l’automobile

  • 12 000 tonnes de plastiques recyclés supplémentaires incorporés d’ici 2025
  • Dans cette filière, les débouchés s’étendent hors des frontières et concernent les constructeurs et équipementiers
  • Les conditions de développement :
    • Trouver des approvisionnements en plastique recyclé en quantité et qualité suffisantes, et à un prix compétitif
    • L’innovation

D’autres débouchés à explorer pour le plastique recyclé

D’autres domaines restent à explorer pour les acteurs du recyclage. L’électronique, l’agriculture ainsi que les sports et loisirs consomment moins de 5 % de la production de plastique vierge en France, mais des initiatives d’écoconception, avec intégration du plastique recyclé, offrent déjà de nouvelles perspectives sur certains marchés de ces secteurs.

Les équipements électriques et électroniques, des initiatives anciennes et à venir

Certaines entreprises de la filière sont déjà impliquées de longue date dans l’écoconception, à l’image de HP, Lexmark, Canon, Konica, Phillips, SEB, Electrolux et Nespresso. En outre, des grands acteurs de la filière sont mobilisés pour augmenter les volumes de plastiques recyclés dans leurs produits de 50 % à 100 % d’ici 2025.

L’upcycling, une tendance nouvelle dans l’industrie textile

Le secteur de l’habillement, des articles de sport et des accessoires est également actif en matière d’écoconception. Des démarches se développent dans le monde, à plus ou moins grande échelle, pour répondre notamment à la tendance écoresponsable dans l’industrie textile. Certaines entreprises, à l’image de Hopaal, en font leur ADN.

 L’agriculture, déjà active en écoconception

La filière du plastique agricole, nommée “plasticulture” s’engage également à soutenir l’objectif du gouvernement d’atteindre 100 % de recyclage pour les plastiques usagés à l’horizon 2025. L’atout de ce secteur repose sur sa filière de collecte et de traitement, qui est âgée d’une dizaine d’années et qui affiche déjà de bons résultats. “Représentant à peine 2 % du plastique utilisé en France, les plastiques agricoles contribuent à hauteur de 20 % des plastiques recyclés au plan national” (Paul Cammal, président du Comité français des plastiques en agriculture – CPA)

La valorisation énergétique : une voie parallèle au recyclage

La valorisation énergétique apparaît comme une alternative au recyclage. Elle représente une solution à la fois concurrente et complémentaire au recyclage. Elle est sa concurrente car elle absorbe des déchets qui ne seront donc pas transformés en plastiques recyclés. Mais, elle représente également une voie intéressante car elle permet d’écouler tous les déchets qui ne peuvent pas être recyclés, pour des raisons de coûts liés aux techniques à employer ou parce que les quantités ne sont pas suffisantes pour optimiser le recyclage. Elle leur évite alors la mise en décharge ou le recyclage forcé.

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *