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Outre la baisse générale de l’activité économique, la crise du Coronavirus a amplifié les tendances de consommation qui bousculent certains secteurs depuis de nombreuses années. Appétence pour les produits locaux, recherche de points de vente de proximité et de petite taille, adoption de l’e-commerce, utilisation de services digitaux, quête de traçabilité des produits, soutien de l’économie locale, consommation plus responsable… Selon Les Échos, avec la crise du Covid-19, « les changements des modes de consommation se poursuivent, en plus fort ». Certains secteurs, concernés par ces tendances, ont déjà fait l’objet d’une analyse par la rédaction des Etudes d’IndexPresse. En voici des exemples, à consulter particulièrement en ce moment.

Les secteurs s’appuyant sur le digital se renforcent

La digitalisation des services et l’incursion des nouvelles technologies font naître depuis des années de nouveaux marchés. Dans cette catégorie des secteurs émergents (c’est-à-dire les nouveaux secteurs apparus grâce aux nouvelles technologies ou aux innovations), nous vous invitons à consulter certaines de nos Etudes, dont les sujets font particulièrement sens en ce moment :

Les marchés de l’e-santé

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Ils disposaient déjà de perspectives de croissance importantes avant la crise sanitaire. Dans les segments de la télémédecine et de la santé connectée, des leviers de développement sont déjà actionnés par les acteurs. Des voies d’innovation se distinguent, l’objectif étant d’insuffler une culture de l’innovation numérique dans la santé. Face à la pandémie, de nombreux acteurs ont accéléré dans le déploiement de solutions pour accompagner les professionnels de santé et les patients. Pour Gilles Babinet, Vice-président du Conseil national du numérique et conseiller de l’Institut Montaigne sur les questions numériques, la numérisation du système de santé fait partie des sujets qui « avançaient péniblement et qui se sont débloqués ».  Avec ce développement du numérique c’est « une nouvelle épidémiologie qui apparaît, la ‘big data épidémiologie’ » analyse Gilles Babinet dans Les Échos. il reconnaît l’efficacité des pratiques digitales, également pour les maladies chroniques, car elles permettent « de faire des liens entre l’origine de l’épidémie, le mode de vie, l’alimentation, et donc d’évaluer plus globalement l’évolution d’une maladie ». Des évolutions prometteuses pour les acteurs positionnés sur ce marché.

Les marchés de l’EdTech

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En plein essor depuis 2015, les acteurs de l’Edtech s’appuient sur les nouvelles technologies et le numérique pour réinventer l’éducation et la formation. L’Etude que nous avons publiée sur ce sujet examine les opportunités pour les acteurs et les tendances existantes dans les services et les produits proposés aux secteurs cibles. La situation actuelle incite les établissements et les entreprises à disposer de solutions numériques pour leurs actions de formation. Comme le souligne le Syndicat des professionnels du numérique et de l’image, la crise sanitaire pourrait être l’occasion de montrer « l’impérieuse nécessité de développer les EdTech », c’est-à-dire les solutions numériques pour l’éducation et la formation, et en particulier les solutions d’enseignement à distance ». Lalilo, la plateforme d’apprentissage de la lecture à distance, affirme avoir enregistré chaque jour plus d’un million d’exercices sur son site, contre 20 000 par jour en temps normal, selon le site theconversation.com. A l’instar de Lalilo, d’autres acteurs de l’EdTech profitent de la situation pour se faire connaître et accélérer le développement de la filière.

La crise sanitaire accélère les transformations en cours dans certains secteurs traditionnels

Conjointement aux secteurs dits ‘émergents’, d’autres filières traditionnelles, mais qui étaient déjà en mutation, voient certaines tendances se renforcer avec la crise sanitaire. Pour certaines, la pandémie devrait même augmenter les opportunités de développement.

Le marché du tourisme durable

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Bien avant le début de la crise sanitaire, la transformation de l’industrie touristique était déjà d’actualité, notamment pour répondre aux préoccupations environnementales croissantes depuis plusieurs années. En voie de structuration, le marché du tourisme durable dispose déjà de leviers convaincants pour se développer. La crise sanitaire accentue certaines tendances, telles que les offres touristiques valorisant les régions françaises, le cyclotourisme, les hébergements qui proposent aux urbains de se connecter avec la nature… Des stratégies à surveiller, alors que les conséquences de la crise sanitaire sur le tourisme international « n’en finissent pas de s’aggraver » et « remettent en cause les ressorts même du tourisme et du voyage », souligne le journal Les Échos.

Le secteur de la restauration

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Particulièrement touchée par la crise du coronavirus, la restauration souffre d’une absence de visibilité quant à la reprise de son activité. Dans ce secteur, l’usage du numérique s’imposait déjà avant la crise comme une tendance forte dans les pratiques des Français. Des orientations se distinguent, telles que la livraison de repas, le développement des restaurants virtuels ou l’essor du click and collect. La crise sanitaire devrait accentuer la généralisation de ces pratiques. Comme le constate François Blouin, président fondateur de Food Service Vision interrogé par Les Echos,  « la livraison de repas connaît un nouvel élan, certains établissements totalement fermés ayant repris ou découvert ce mode de diffusion pendant la crise sanitaire ».

Le secteur agroalimentaire, symbole des contraintes et des opportunités apportées par la crise sanitaire

Selon Roger Averbuch de KPMG France, avec cette crise, la santé se révèle être l’enjeu majeur de notre société. En conséquence, le secteur agroalimentaire revêt une dimension vitale et particulièrement stratégique. Depuis quelques années, la quête de réassurance des consommateurs et la recherche de la sécurité alimentaire s’accroît. Les acteurs du secteur prévoyaient, déjà avant la crise, une augmentation de l’importance des questions relatives à la sécurité des aliments (gestion de la chaîne d’approvisionnement, stratégie commerciale, transparence sur l’origine des produits…). Plusieurs Etudes que nous avons publié en font état :  


Avec la crise, la consommation responsable et la recherche d’aliments sains se renforcent. A titre d’exemple, le marché des aliments bio, déjà prospère, a vu la vente de ses produits progresser pendant le confinement, selon Bpifrance.

Pour Roger Averbuch de KPMG : « Les crises sont des transformations rapides et profondes apportant des pertes, des contraintes, mais aussi de vraies opportunités. Réussir dans le monde de demain nécessitera de placer la confiance, la sécurité et la santé au cœur de la relation avec les consommateurs. S’y ajoutent d’autres valeurs fortes qui émergent : l’engagement et la solidarité. Les acteurs de l’agroalimentaire devront placer ces valeurs au cœur de leur stratégie. »

A lire également : Covid-19 : quelles incidences sur le contenu des Etudes IndexPresse ?

L’habitant est devenu un atout et un argument touristique. Vivre comme un local, rencontrer les habitants, partager une expérience unique… Ces tendances de la demande touristique, qui ont fait le succès de la société américaine Airbnb, se répandent dans le secteur de la restauration.

Etude de cas : la table comme premier réseau social, avec la société VizEat et Eatwith

Parmi les sites mettant en relation des hôtes cuisiniers avec des touristes, la plateforme et application VizEat (devenue Eatwith) rencontre un réel succès. Créée en 2014, elle propose des expériences culinaires diverses : repas chez l’habitant et ateliers de cuisine. En 2017, elle comptait 20 000 hôtes et plus de 70 000 utilisateurs. Les hôtes de VizEat sont des amateurs passionnés de cuisine et de rencontres. Pour les recruter, la plateforme a eu recours à des campagnes sur Facebook à ses débuts. Aujourd’hui, c’est surtout grâce au bouche-à-oreille qu’elle accroît sa communauté. Elle anime son réseau en proposant des soirées permettant aux hôtes d’échanger et de donner des conseils aux nouveaux arrivés.
La plateforme s’appuie en partie sur une stratégie de partenariats pour assurer son développement. Elle a collaboré avec Airbnb, des organismes touristiques et Atout France (l’agence de développement touristique de la France), pour  promouvoir son offre de restauration.
Elle a profité d’une belle publicité lorsqu’Apple l’a classée parmi les trois meilleures applications de l’année 2016, lui donnant une extraordinaire visibilité.
Durant l’été 2017, la start-up parisienne a réalisé une opération gagnante en rachetant son concurrent américain EatWith.

“D’habitude c’est dans l’autre sens que les acquisitions se font. On est content que ce rachat vienne du pays de la gastronomie”
_ Jean-Michel Petit, le cofondateur de l’entreprise interrogé par Les Échos.

EatWith disposait d’une importante communauté d’hôtes dans une cinquantaine de pays. « C’était important de mettre en commun cette communauté. Et on voulait aussi bénéficier d’une équipe américaine qui soit capable de nous aider à nous développer sur le marché et étendre nos partenariats pour les touristes américains qui sont à la recherche d’expériences pendant leurs voyages », précise Jean-Michel Petit. Dans cette logique, l’acquéreur a ouvert un bureau à San Francisco.
Quelques mois seulement après cette opération, VizEat s’est emparé de Grub Club, site culinaire événementiel 100 % londonien. Ce dernier réunit 1 000 lieux originaux et improbables. L’entreprise avait racheté très tôt un autre acteur français du social dining, Cookening, et avait procédé à deux levées de fonds (en 2014 et 2016, de 1 et 3,8 millions d’euros auprès du fonds anglais Eurovestech notamment).
La jeune pousse française regroupe désormais l’ensemble de ses offres sous la marque Eatwith. Sa stratégie vise à conquérir le marché international et à proposer de nouvelles offres. Elle est présente dans plus de 130 pays avec son application mobile disponible en 6 langues.

Dans cette mouvance de la restauration collaborative, nous pouvons également citer les sites :
Mealsharing : recherche de locaux qui proposent un repas chez l’habitant. Au-delà de la destination, la recherche peut être affinée par type de repas (déjeuner, dîner, brunch, etc.) et par préférence alimentaire (vegan, sans gluten, etc.).
Withlocals : en plus de l’offre de repas chez l’habitant, la plateforme propose de réserver des activités proposées par les locaux. Les clients peuvent prolonger l’expérience culinaire avec un cours de cuisine, partir pour un tour guidé à vélo, s’initier à la peinture, etc.

A propos de la digitalisation de la restauration

L’usage du numérique s’impose dans les pratiques des Français en ce qui concerne la restauration. Ils choisissent leur restaurant sur Internet, ils ont recours aux services de livraison à domicile ou com­mandent leurs plats via des applications de click and collect. Leurs habitudes évoluent tout comme la relation qu’ils nouent avec leurs restaurants. Si la majorité des restaurateurs ont intégré cette nouvelle donne, tous les établissements ne sont pas entrés dans l’ère numérique de la même façon. Certains peinent à abandonner leur modèle traditionnel, alors que d’autres ont adopté la technologie naturellement.
Toutefois, face aux enjeux de la transformation digitale, les grandes chaînes comme les indépendants sont nombreux à investir dans de nouveaux services, des outils de gestion automatisés ou des équipe­ments digitaux innovants. En s’appuyant sur les nouvelles technologies et les possibilités offertes par l’exploitation des données, ils gagnent en visibilité, améliorent leur service client et dopent leur chiffre d’affaires.
Les start-up issues de la foodtech participent grandement à réinventer la restauration en imposant leurs business models disruptifs. Elles fluidifient le parcours client à chaque étape de la création de valeur, en amont et en aval, en cuisine et en salle, à la commande et en caisse. Avec à la clé, davantage de flexibilité tant pour les restaurateurs que pour les consommateurs et la promesse d’une qualité de restauration conservée.

Justine Carrel « Restauration et digital » est une étude réalisée par Justine Carrel