Maison connectée

Plus de la moitié des objets connectés vendus en France concernent le même secteur : la maison. Les prévisions sont unanimement optimistes pour les années à venir et le marché de la maison connectée semble désormais prêt à exploser. Industriels, start-up, artisans, assureurs et acteurs de l’immobilier se positionnent tous sur ce secteur et participent à sa progression en multipliant les innovations. Malgré ses promesses et une conjoncture sociétale qui semble très favorable dans une première approche, le marché ne réussira pas à exploiter son plein potentiel tant que plusieurs conditions préalables ne seront pas résolues.

Démocratiser le marché de la maison connectée : le rôle-clé des prescripteurs

L’offre des distributeurs reste encore trop peu développée. En effet, les consommateurs doivent passer directement par des entreprises spécialisées s’ils veulent accéder à l’ensemble des services disponibles. Les enseignes de bricolage, d’habitat, de jardinage ou même les grandes surfaces ont tout intérêt à étoffer leur offre et à mettre davantage en avant les produits. Elles démontreront ainsi qu’elles prennent en considération ce nouveau secteur et qu’elles en comprennent les enjeux. D’autres acteurs, comme les assureurs ou les artisans, doivent réfléchir de la même manière car leurs domaines d’activité sont également concernés. À eux de prouver qu’ils savent s’adapter aux attentes des consommateurs et proposer des services adéquats.

consommateurs maison connectée

Traitement IndexPresse. Source : Cabinet Context, 2016

 

Considérer les freins et les opportunités technologiques

Selon Le Moniteur, « les systèmes fermés et propriétaires constituent les principaux freins à la diffusion des objets connectés ». Afin d’aboutir à une smart home globalisée qui offre le maximum de services possibles, tous les objets ainsi que le bâtiment lui-même devraient être compatibles et fonctionner via les mêmes protocoles. Cela suppose que les différents appareils soient interconnec­tés et puissent tous communiquer entre eux. Or, les standards et protocoles actuels utilisés par les fabricants sont variés, ce qui constitue un frein majeur à l’explosion du logement intelligent. Les industriels ont plusieurs solutions à leur disposition pour répondre à cette contrainte :

  • Définir des protocoles ou standards de communication universels, puis concevoir les produits par rapport à ceux-ci.
  • Concevoir en interne leur propre standard de communication et des outils fermés et propriétaires pour pousser les usagers à n’acheter que des produits dépendants de ce standard.
  • Créer des passerelles de communication entre les différents standards et protocoles, permettant ainsi la compatibilité entre des appareils qui ne l’étaient pas à l’origine.

Les partenariats que passent les entreprises entre elles, la naissance de standards de communication universels et les alliances rassemblant plusieurs groupes sont autant d’avancées sur ce point crucial.

Une autre condition du déploiement de la maison connectée concerne la sécurité des systèmes : sécurité informatique des appareils, mais également sécurité des données récoltées. Les risques de piratage de ces nouveaux produits demeurent conséquents et méritent une attention toute particulière. En parallèle, les consommateurs redoutent que les données recueillies par les objets soient réutilisées à des fins commerciales. De meilleures garanties de la part des fabricants et des industriels s’avèrent nécessaires pour gagner la confiance des citoyens.

Enfin, les progrès de l’intelligence artificielle (IA) aideront la maison connectée à franchir un cap. En effet, c’est elle qui permet l’évolution de la simple domotique à un habitat entièrement intelligent.

Définir de nouveaux modèles économiques

Pour Stéphanie Algré, directrice France de l’institut Context, “les distributeurs qui sauront offrir du service et aller au-delà de la fourniture du produit seront les grands gagnants de demain”.  Il ne s’agit plus seulement de vendre un produit fini mais de proposer au client une gamme de services. Pour les sociétés concernées, l’évolution vers une offre de services multiplie les possibilités de connexion entre les différents produits et oriente le marché vers une maison connectée gérée par un seul système, et non plus une accumulation d’objets indépendants les uns des autres.
Cette évolution est rendue presque obligatoire par le progrès des technologies. Le cabinet Exton Consulting a édité en 2016 un livre blanc de la maison connectée. Il y explique que les équipements traditionnels de l’électroménager ou du chauffage vont peu à peu intégrer directement les fonctionnalités connectées. Les objets intelligents deviendront la norme, ce qui obligera les acteurs du secteur à trouver d’autres pistes pour se démarquer et convaincre le consommateur de faire appel à eux : le déploiement de services est une solution à cette évolution.

 

 

« Maison connectée : un marché adapté aux évolutions sociétales prêt à prendre son envol ». Une étude rédigée par Samuel Arnaud, en collaboration avec Cécile Raphanel

 

 

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