agilite

Nées dans les années 1990 aux États-Unis, les méthodes agiles ont prouvé leur efficience dans le secteur de l’informatique et des nouvelles technologies. Devant faire face à des environnements complexes et contraints de démontrer de rapides capacités d’innovation, les acteurs du développement informatique avaient trouvé dans ces méthodes une alternative aux approches traditionnelles peu adaptées à leurs activités.


Depuis les années 2010, la complexité croissante de l’environnement économique oblige les entreprises à trouver des solutions pour pérenniser leur activité et faire face à une concurrence accrue. Grâce à leur efficacité, les méthodes et pratiques agiles se présentent comme des outils à leur disposition pour gagner en flexibilité. Elles leur offrent la possibilité de s’adapter aux exigences de leurs clients et aux évolutions de leur marché.
Employée dans d’autres secteurs d’activité que l’informatique, l’agilité s’envisage désormais comme une philosophie, un état d’esprit applicable à l’ensemble de l’organisation. Précisément définie à ses débuts, l’agilité s’est toutefois transformée en une notion aux contours plus flous et recouvre parfois des réalités diverses. Il en résulte une certaine opacité de la définition de l’agilité en entreprise.
Pour autant, certaines caractéristiques communes héritées des principes fondamentaux de l’agilité se dégagent :
– La satisfaction et la participation du client tout au long du développement des produits ou des services ;
– Le recours à l’intelligence collective via des petites équipes multidisciplinaires et auto-organisées ;
– La pratique du feedback, l’amélioration continue ;
– Une organisation horizontale encourageant la transparence et la responsabilisation des employés.

Lorsqu’elles souhaitent étendre leur agilité à l’ensemble de leur organisation, les entreprises utilisent des approches « agiles à grande échelle ».
Ce passage à l’échelle (agile at scale) représente le grand défi de l’agilité. Il nécessite un changement organisationnel et culturel complexe, pour lequel l’implication et l’adhésion de l’ensemble des collaborateurs s’avèrent indispensables. L’équipe dirigeante et les managers occupent une place de premier ordre dans cette démarche. Le manager doit modifier sa posture, en endossant davantage le rôle de coach.

Toucan Toco : un exemple d’agilité en entreprise

Créée en 2014, Toucan Toco, start-up française de 35 collaborateurs spécialisée dans le traitement de données, a élargi avec succès les méthodes agiles à ses équipes marketing, commercial et design. Comme le révèle un article publié par Veille magazine, dans cette entreprise innovante l’approche agile s’est tout d’abord illustrée auprès des développeurs.
Ces derniers ont adopté un processus itératif dans lequel les équipes travaillent sur des cycles courts, avec concrètement :
– Des feedbacks rapides et réguliers avec les clients évitant le décalage entre le besoin du client et la solution proposée ;
– Chaque semaine, considérée comme un sprint, débute par une réunion : rétrospective de la semaine passée, identification des difficultés et réussites de chacun, définition des priorités et des tâches à réaliser dans la semaine. Pour gérer ses projets, l’équipe utilise la méthode Kanban en découpant chaque projet en plusieurs tickets. Selon le temps de travail et les compétences nécessaires à chaque ticket, chaque collaborateur choisit ses tâches.
– Chaque jour, l’équipe se retrouve le matin pour un stand-up meeting de 10 minutes. Il s’agit de répondre rapidement à trois questions : Qu’est-ce que j’ai fait hier ? Qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui ? Quels sont les points bloquants ?
Avec un cycle de développement transparent, des missions claires et une résolution rapide des problèmes rencontrés, l’équipe se concentre sur son cœur de métier, gagne en vitesse d’exécution et évite l’enlisement.

L’appropriation des méthodes par d’autres services de l’entreprise

Grâce aux échanges avec les développeurs, les services marketing, commercial et design de Toucan Toco se sont approprié et ont adapté les méthodes de l’équipe de développement produit :
– Les sprints débutent le jeudi, afin de conserver les jours les plus opportuns pour contacter les prospects, envoyer les mailings et publier des articles, à savoir les mardis et mercredis.
– La méthode Kanban est utilisée pour prioriser et suivre l’avancement des projets. Alors que certaines tâches marketing sont réputées pour être difficilement quantifiables, ce suivi permet d’analyser la capacité du service à produire ces tâches, sans les mettre de côté. La nature de certaines activités marketing a rendu plus délicat le découpage en tickets. Par exemple, la publication d’un article a dû être découpée en deux tickets, l’un pour la rédaction, l’autre pour la publication. Ainsi équilibrée, la répartition prévoit plus précisément les objectifs.
–  Enfin, les métiers de la vente et du marketing devant faire face à de nombreuses tâches imprévisibles, du temps pour l’imprévu est conservé dans l’organisation hebdomadaire.

Les avantages

Pour Kilian Bazin, cofondateur de Toucan, cette organisation agile dans tous les services a permis aux équipes de gagner en tranquillité d’esprit et de se concentrer sur les métiers et sur ce qui apporte de la valeur ajoutée. Pour le service marketing, l’efficacité est quantifiable et s’avère en progression. De 20 tickets mis en place la première semaine, l’équipe est passée à 34 tickets hebdomadaires au bout d’un mois. Le dirigeant estime également que l’organisation similaire dans les différents services se révèle efficace, permettant à tous d’interagir plus facilement et de parler le même langage sur des projets communs.

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